12 novembre 2009

Pasqua veut faire sauter la Ve

Conférence de presse de Charles Pasqua en direct sur le site du Monde. Excellente initiative qui me donne envie de réagir à chaud.

Condamné pour trafic d’influence à trois ans de prison, dont deux avec sursis, et à 100.000 euros d’amende, Pasqua, tente un coup d’éclat pour défendre son honneur. Depuis le 27 octobre dernier (date de sa condamnation) l’ancien ministre rumine sa vengeance.

Pasqua, déclame son texte avec une rage contenue sur les pratiques douteuse des plus hautes autorités de l’Etat français.

Chaque mot est pesé, chaque intonation est choisie pour faire la lumière sur les scandales politico-financiers qui impliquent Chirac et ses proches collaborateurs. Diplomatie parallèle, rétrocommissions et barbouzeries ponctuent son discours.

Seulement l’ombre d’un homme plane sur cette conférence de presse. Celle du Président Sarkozy. Il n’est pas imaginable que ce dernier n’ait été prévenu, ni consulté pour réaliser cette opération médiatique.

La guerre est ouverte entre le clan des Hauts de seine à travers son parrain blessé et celui de Chirac et Villepin. Les victimes seront nombreuses.

Je peux, dores et déjà, dire que la droite a perdu aux élections.

L’histoire s’écrit aussi sur internet.

10 novembre 2009

Black-out

Vitoria, 00h30,

Plus d’électricité, donc plus d’internet, pendant près de deux heures. Une peur et une certaine nervosité étaient palpable dans la rue.

Il semblerait que cette panne sérieuse, ne soit pas simplement locale mais nationale. J’imagine que cette coupure ne sera pas sans conséquences.

J’attends d’en savoir un peu plus.

3 novembre 2009

Futvolley

 

© mmc

 

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© mmc

Romario, alias Baixinho pratiquant un dérivé de son art.

 

 

2 novembre 2009

Tempête

Depuis environ une semaine il pleut. Il pleut beaucoup à Vitoria et sa périphérie (le grand Vitoria) et samedi ce fut un déluge. En quatre heures, il est tombé ce qui tombe habituellement durant tout le mois d’octobre. De 19h00 à 23h00 il a été enregistré 116 mm de pluie avec un vent de 50 km/h.

Selon la protection civile, cette tempête a tué trois personnes, laissé 2.536 sans abris, en a délogé 4.018  et causé d’innombrables dégâts.

Les inondations consécutives aux grandes pluies seraient dues aux masses d’air humide provenant de l’Amazonie. Le seul souci c’est que la nature n’explique pas tout.

Le professeur Antonio Sergio Ferreira Mendoça, donne un autre éclairage : « Le gros problème c’est l’obstruction des flux. Autrefois, les grands espaces de la région de Vitoria étaient occupés par des marais qui se sont transformés avec le temps en décharges.

D’autres parties ont été obstruées par la construction de lotissements sans que l’on se préoccupe du drainage.

Il est important de planifier les nouveaux quartiers de manière à ce qu’ils soient pourvus d’un système de drainage et d’écoulement adéquat.

Ce la devient urgent de créer un plan directeur de drainage urbain qui n’inclut pas seulement les œuvres mais aussi une ample étude avec des caractéristiques et des solutions spécifiques aux municipalités. » *

Ces calamités qui ne touchent pas seulement une région du Brésil mais l’ensemble de la planète pourraient donc être évitées, sinon atténuées, si les autorités concernées ne laissaient pas, dans un souci de paix sociale, les plus démunis construire dans l’urgence et de manière totalement anarchique.

La cohérence urbanistique ne doit pas être un luxe réservé à une classe privilégiée.

* Source : A Tribuna

27 octobre 2009

Règlement de compte

Hier, en début d’après-midi, Crispin Jairo da Silva, 33 ans, se rendit à la station de lavage située dans le quartier Gloria de Vila Velha, pour y laisser sa moto de marque Honda. Jusqu’ici rien d’inhabituel. Crispin vaqua à ses occupation, le temps de faire briller le chrome argenté de son deux roue.

Revenu en milieu d’après-midi pour récupérer sa bécane, Crispin Jairo, ne remarqua pas l’Opel vectra de couleur verte, stationnée à proximité de la station de lavage. Il est probable que les vitres teintées du véhicule empêchèrent les curieux de voir deux hommes lourdement armés attendant patiemment leur cible.

Jairo savait sans doute son destin scellé lorsque les deux tueurs jaillirent de la voiture. Il eut à peine le temps d’esquisser un geste de survie, les 19 balles de calibre 380 qui criblèrent son corps, ne lui laissèrent aucune chance.

Une panique indescriptible s’en suivit, les employés de la station coururent s’abriter derrière le comptoir et les passants se dispersèrent dans la rue en hurlant.

Diverses patrouilles effectuèrent des rondes dans le quartier sans trouver de suspect.

La police informa plus tard que la victime avait effectué une peine de prison pour vol en 2005.

Ce récit tiré d’un article factuel du journal  Gazeta on line a suscité quelques réactions indignées des lecteurs, en voici quelques unes de fort révélatrices :

Kit Walker F n’hésite pas à pratiquer le cynisme en lettres capitales :

LE MOTIF DE CES CRIMES C’EST LA DROGUE… TOUJOURS LA DROGUE… VOUS ALLEZ ME DIRE QUE LA POLICE NE SAIT PAS OÙ SE TROUVENT LES PRINCIPAUX  POINTS DE VENTE DE LA DROGUE ??? SI VOUS NE LE SAVEZ PAS C’EST QUE VOUS ÊTES INCOMPETENT… SI VOUS LE SAVEZ CELA PROUVE QUE VOUS ÊTES DE CONNIVENCE, EN PLUS D’ÊTRE INCOMPETENT… SI VOUS, PEUPLE CAPIXABA, CONNAISSEZ LES POINTS DE VENTE, APPELEZ LE DISQUE-DENUNCIA (APPELS ANONYMES DE DENONCIATION)… ALORS, VOUS VERREZ COMMENT LA POLICE POURRA, LE JOUR MEME, FERMER LES POINTS DE VENTE, ARRETER LES TRAFIQUANTS ET LES FAIRE CONDAMNER PAR LA JUSTICE…vous verrez même le secrétaire à l’insécurité publique donner une interview… JE CROIS QUE JE DEVIENS FOU…

Jeffersson CP,  commente à la lumière des Jeux olympiques :

Quand la nouvelle est tombée pour les JO de Rio en 2016, j’ai déclaré que l’argent investi également pour la Coupe du monde en 2014 aurait pu servir à développer la sécurité, l’éducation, la santé, etc. Nous sommes à la merci des criminels. Nos gouvernants sont perdus, ils ne savent plus à quel saint se vouer…Se maintenir en vie dans ce monde est une aventure, une conquête de tous les jours. Et qui vivra, verra… les résultats de la Coupe et des  Jeux olympiques

Elisabeth F S, elle, exprime son désarroi :

Vous voyez le danger que nous courrons ? En pleine lumière du jour ! Je suis déprimée, j’ai peur de sortir de la maison à cause de ça ! Combien sont-ils à mourir ainsi ? Les assassins se croient tout puissants, et nous, nous devons nous cacher car nous sommes les seuls à payer le prix. Quelle folie, mon Dieu ! Où allons nous avec tous ces assassins infiltrés dans notre quotidien. Et le pire c’est que la police n’a pas de boule de cristal pour savoir où et comment ils frapperont. Que Dieu nous protège. C’est une guerre difficile. Il y a tellement peu de police…

26 octobre 2009

Troca de tiros

Dimanche 25 octobre, 22h00, Favela Kelson, banlieue de Rio.

Une jeune femme de 24 ans, Ana Cristina Costa do Nascimento, accompagnée de son mari, de ses trois enfants et de quelques proches rend visite à sa soeur pour organiser l’anniversaire de la petite dernière qui aura lieu le mois prochain.

Le groupe passe à proximité d’une station de bus située dans l’avenue Brasil, lorsque déboulent quatre véhicules de police. Les pneus crissent, les balles sifflent et les cris déchirent la nuit. Ana-Cristina et son bébé de 11 mois ne se relèveront pas.

La mère ne survivra pas à ses blessures, le bébé est toujours dans un état grave et risque de perdre un bras.

Le mari de la victime affirme que les coups de feu provenaient de la police militaire.

Le porte-parole de la police, le capitaine Ivan Blaz, lui, déclare que les hommes de la 16e BPM étaient en patrouille dans la nuit de dimanche quand leur véhicule fut mitraillé par des trafiquants. Les policiers n’ont pas riposté car au moment des faits la rue était noire de monde.

Qui a tiré ? La police ou les trafiquants ? Dans les deux cas l’Etat est coupable car il n’assure pas la sécurité de ses citoyens.

Source : O Globo

26 octobre 2009

A bala perdida

Le peuple brésilien pratique l’humour noir avec un certain talent, il faut le reconnaître. Est-ce une façon d’exorciser la violence endémique ? Sans doute, pour preuve voici la dernière trouvaille.

La mascotte officieuse des J.O 2016 de Rio serait… une balle perdue !

pipoco

Ceci est, hélas, le reflet d’une réalité dramatique.

Les faits qui se sont déroulés la semaine passée à Rio de Janeiro, démontrent avec acuité l’immense défi auquel sont et seront confrontés les autorités locales et nationales.

Cette guerre des trafiquants de drogues s’est soldée par plus de 40 morts, dix bus incendiés et un hélicoptère abattu.

Le secrétaire à la sécurité de Rio de Janeiro, José Mariano Beltrame, est allé jusqu’à comparer le feu antiaérien des bandits cariocas aux attentas du 11 septembre.

Au regard de la la complexité du problème, six-ans pour consolider la sécurité dans une cité telle que Rio, cela reste court. Le gouverneur de la cité merveilleuse n’hésite pas à user d’euphémisme pour résumer la situation : “nous sommes loin, très loin de l’idéal”.

Espérons qu’ils s’en approcheront un peu, juste un peu.

24 octobre 2009

De retour

De retour à Vitoria après un périple de deux mois. Les seuls changements notables sont d’ordre urbanistique, Vitoria a horreur du vide. Des chantiers poussent un peu partout et la spéculation immobilière bât son plein. Est-ce la preuve d’une bonne santé économique ?

La croissance ne rime pas forcément avec prospérité. Les favelas adossées aux collines sont là pour le rappeler.

22 août 2009

Voyage

Informel se “délocalise” pour quelques temps.

Restez connectés.

10 août 2009

Bate Boca

Ces mots que je n’accepte pas, Monsieur, je veux que vous les avaliez et les digériez de la manière qui vous conviendra ! “

Le regard noir et le visage défiguré par une rage à peine contenue, le sénateur et ex-Président, Fernando Collor, pèse ses mots. Assis sur le siège en cuir bleu du sénat, il saisit le micro et réplique au sénateur Pedro Simon qui avait cité son nom. Ce dernier, surpris par une telle charge semble pétrifié.

Une ligne de fracture divise deux clans. Ceux qui serrent les coudes pour défendre le président du Sénat, José Sarney, impliqué dans divers scandales, et d’autres sénateurs unis pour réclamer son départ, non sans arrières-pensées.

Certains adversaires, voire ennemis jurés d’hier, se retrouvent à parler d’une même voix pour protéger un courant incarné par Sarney.

On aiguise les phrases comme des couteaux avant d’aller dans l’arène. L’échange qui suit est assez emblématique :

Rénan Calheiros – ” Une minorité avec un complexe de majorité !”

Tasso Jereissati – ” Sénateur Renan, ne pointez pas ce doigt sale dans ma direction !”

Rénan Calheiros – ” Le doigt sale appartient malheureusement à votre excellence. Le doigt des jets que le Sénat à payé

Tasso Jereissati – ” Au moins il a été avec mon argent. Ce jet est à moi. Et non pas celui que vous utilisez pour vos promenades ou celui de vos contractants. Bandit de troisième catégorie !

Rénan Calheiros -” Colonel de merde

Bataille rangée au Sénat sur fond de scandales de corruption, de trafic d’influence, de népotisme et de tous les travers dont souffre la démocratie brésilienne.

Les phrases assassines se succèdent sous l’oeil ahuri des citoyens brésiliens.

Si les turpitudes des sénateurs éclatent au grand jour, c’est peut-être parce que les choses bougent au royaume du Danemark.

La déliquescence du système n’est pas nouvelle, elle se poursuit, mais cette fois dans la transparence. Jusqu’à un certain point !

Et nous y sommes arrivés, pour le plus grand bien du Brésil. L’assainissement de certaines pratiques va certainement commencer dans les mois à venir.

Suis-je trop confiant ? L’avenir nous le dira.

Sources : O Globo