On dit que la nature a horreur du vide.
Le crime a désormais une adresse et même une architecture.
C’est dans le quartier de Vila Rubim, Vitoria (Etat d’Espirito-Santo), que se dresse ce bâtiment d’un genre particulier.
Un immeuble ou le crime a élu domicile.
L’édifice, jadis entièrement consacré au commerce, a été abandonné voilà 15 ans.
Aujourd’hui chaque niveau de l’immeuble offre le spectacle de la déchéance humaine.
Le crime se décline selon un ordre bien précis :
1er étage réservé aux consommateurs de crack
2ème étage voué à la prostitution
3ème destiné aux homicides
Les trois étages et le sous-sol sont divisés par zone de compétence en accord avec les criminels, les toxicomanes et les proxénètes.
Le rez-de-chaussée et le premier étage comptent des dizaines de drogués, parmi eux des mineurs, et des trafiquants. Ils se partagent un espace sordide jonché de pipes à crack et de détritus. L’odeur y est insupportable.
Pour éviter une trop grande promiscuité, la prostitution et les homicides se déroulent aux étages supérieurs.
A l’étage du proxénétisme, les passes furtives se déroulent sur des matelas crasseux, posés à même le sol. Si vous vous trompez d’étage, les préservatifs usagés vous rappellent aussitôt que le stupre prédomine.
A l’étage des homicides, l’odeur de la mort plane, on peut encore voir des traces de sang séché. Le dernier assassinat en date a été enregistré par la police il y a environ trois mois.
Pour compléter le tableau, les criminels optimisent l’occupation de l’immeuble en stockant la marchandise volée, la drogue et les armes au sous-sol. Parfois cela sert de refuge aux personnes recherchées par la police.
Bien sûr, ce monde a des frontières poreuses. On passe d’un étage à l’autre avec facilité jusqu’à la destination finale. Le toxico est polyvalent, il peut vendre de la drogue, son corps ou celui des autres et exécuter les basses œuvres quand il n’est pas lui même exécuté.
Source : A Tribuna